Amputée de ses 4 membres après une IVG, elle raconte son calvaire

Amputée de ses 4 membres après une IVG, elle raconte son calvaire

Arrivée au CHU de Bordeaux pour une IVG, Priscilla Dray ressort quelques mois plus tard amputée des quatre membres suite à une série d’erreurs médicales. Alors que le CHU a été condamné dans cette affaire le mois dernier, la victime, Priscilla Dray, s’est confiée à L’Obs…

« Je suis rentrée en excellente santé au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux (CHU) un soir de juillet 2011, et j’en suis ressortie massacrée un mois plus tard ». Dans les colonnes de L’Obs, le témoignage de Priscilla Dray commence ainsi.

Juste après une IVG, elle raconte la semaine du drame,

Cette mère de famille s’était rendue à l’hôpital pour une interruption volontaire de grossesse (IVG), peu de temps après avoir accouché de son troisième enfant. « Le lendemain de son IVG, Priscilla Dray a 40°C de fièvre.

J’ai commencé par appeler les urgences de la maternité de l’hôpital. La personne que j’ai eue au téléphone m’a conseillé de prendre un Doliprane, de contacter un médecin généraliste, ou de revenir aux urgences rapidement

Elle finit par se rendre aux urgences du CHU bordelais. Là-bas, première surprise : l’interne qui la prend en charge se contente d’échanger par téléphone avec le médecin de garde. Et ce dernier refuse de prescrire les antibiotiques qui auraient permis de sauver les quatre membres de la patiente. «Selon lui, il ne fallait pas « masquer les causes » avant d’avoir posé un diagnostic, raconte-t-elle. J’étais interloquée par son choix, mais je me suis raisonnée en me disant que j’étais au CHU de Bordeaux (…). J’ai donc fait confiance, comme beaucoup d’autres l’auraient fait, à ce médecin que je n’ai jamais vu de ma vie.»

« Elle doit juste mal vivre psychologiquement son IVG »

De retour chez elle, son état empire. La fièvre est rapidement revenue. Le lendemain, elle consulte un médecin généraliste qui voit arriver la septicémie et ordonne une hospitalisation d’urgence. Nouveau couac du côté de Bordeaux : le Samu est trop lent, selon le médecin généraliste, à répondre au téléphone. Elle sera finalement transportée au CHU en ambulance privée, avec une lettre de son médecin en poche.

«Si j’avais été prise en charge par le Samu, les ambulanciers auraient sûrement constaté que je faisais une grave septicémie et m’auraient amené dans le bon service de l’hôpital pour me soigner en urgence, confie-t-elle. Là encore, je n’ai pas eu de chance. L’ambulance qui m’a transportée n’était rien d’autre qu’un taxi dans lequel aucun examen n’est fait.»».

Elle raconte avoir été prise de haut par une interne après lui avoir demandé d’être hospitalisée : « Ce n’est rien. Elle doit juste mal vivre psychologiquement son IVG », aurait expliqué la jeune femme aux belles-sœurs de Priscilla Dray. Elle a ensuite dû patienter longuement avant d’être prise en charge par un médecin.Son état allant de mal en pis, l’hôpital a contacté son époux au milieu de la nuit : « Votre femme fait un choc septique, son pronostic vital est engagé. Elle n’en a pas pour longtemps à vivre », lui aurait-on expliqué.

Les membres nécrosés

Plongée dans le coma artificiel, elle s’est réveillée au bout de huit jours : « Tous mes organes ont été touchés par cette infection. Plus rien ne fonctionnait normalement. J’avais des nécroses de peau partout, mon corps était plein de trous. Le streptocoque pyogène de type A, baptisée « bactérie mangeuse de chair », était en train de ronger les graisses et les tissues de mon corps. Mes extrémités étaient nécrosées, il fallait m’amputer les deux jambes et les deux bras ».

Après son amputation, Priscilla Dray a dû faire de la rééducation : « Il ne s’agit pas d’une jambe en moins, mais de quatre membres. Je n’en revenais pas. C’était une vision d’horreur ». La psychologue qui la suivait lui aurait alors dit qu’à sa place elle se serait « suicidée ».

L’hôpital condamné… pas les médecins

Aujourd’hui, elle continue son combat pour vivre normalement et marcher. Elle espère aussi bénéficier d’une greffe de main dans le courant de l’année.

Outre la volonté de se reconstruire, elle souhaite également que les responsables des erreurs médicales qui ont été faites sur son cas soient punis : « Aujourd’hui, ces « professionnels » de la santé travaillent toujours. Pourtant, ils devraient d’urgence être interdits d’exercer. Ils sont dangereux et c’est une honte pour la France qu’ils demeurent impunis ».

Cinq ans et demi après les faits, plus d’un mois après la condamnation du CHU de Bordeaux (Gironde) à une provision de 300 000 € en vue d’une future indemnisation pour «prise en charge défaillante», les plaies sont toujours à vif.

Source Amputée de ses 4 membres après une IVG: L’Obs

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