Alimentation paléo, de quoi s’agit-il? — Timothé Breton

Il s’agit d’une alimentation inspirée de nos ancêtres du paléolithique. Le paléolithique c’est la période de l’histoire ou l’homme avait un mode de vie chasseur-cueilleur. Cette période a pris fin, il y a environ 10 000 ans, au néolithique, lorsque l’homme a commencé à faire de l’agriculture et de l’élevage (Gurven et Kaplan. 2007).

Il se peut que certains d’entre vous s’imaginent que les hommes préhistoriques étaient très différents de nous. Qu’ils étaient plus proches du singe que de l’homme actuel. Qu’ils ne vivaient pas plus de 20 ans. Qu’ils étaient laids, poilus et peu intelligents. Sachez que cette image n’est aucunement fondée. En fait, l’homme et la femme paléolithique seraient probablement considérés selon nos critères actuel comme étant la représentation même de la beauté, de la forme physique, de l’intelligence et de la santé (Mark Sisson. 2012; Chauveau et al. 2013). De plus, l’espérance de vie de ces hommes pourrait être de 70 ans (Gurven et Kaplan. 2007; Mark Sisson. 2010), et contrairement à nous, il restait en forme toute leur vie (Gurven et Kaplan. 2007; Mark Sisson. 2012). L’homme du paléolithique supérieur a pratiquement le même génome que nous (Chauveau et al. 2013). Depuis, 300 000 ans (Hublin et al. 2017), notre espèce homo sapiens n’a pas évolué génétiquement de manière significative (Chauveau et al. 2013; Eaton et Eaton. 2000).

Sur nos 300 000 ans d’existence, cela fait uniquement 10 000 ans voir juste 5000 ans (Gurven et Kaplan. 2007) que l’on s’alimente majoritairement de céréales, donc de glucides. Pendant 99% de notre existence, notre alimentation était plutôt basée sur les lipides et les protéines avec un peu de glucides. Mais, cela a changé drastiquement et notre alimentation est maintenant presque exclusivement glucidique (Chauveau et al. 2013; Riccardo Baschetti. 2004). D’ailleurs, le néolithique marque le moment de l’histoire où les archéologues ont remarqué l’apparition d’indices sur les fossiles laissant présager que les hommes à cette époque souffraient de caries dentaires, de malnutrition, de certaines formes de cancers et manifestaient une forme physique beaucoup plus faible que précédemment (Chauveau et al. 2013). Au constat, une espérance de vie beaucoup plus faible et une diminution moyenne de la taille de l’homme de 10 cm (Chauveau et al. 2013). Les maladies de civilisation sont nées à cette époque : cancers, alzheimer, parkinson, diabète, surpoids, allergies, fatigue chronique, maladies cardiovasculaires, carie dentaire, coronaropathie, hypertension et autres… (Chauveau et al. 2013; Lindeberg et al. 2003; Eaton et al. 2000; O’Keefe et Cordain. 2004). Depuis, l’ère industrielle, ces problèmes sont d’autant plus exacerbés étant donné l’abondance d’additifs alimentaires, de sucres ajoutés, de pesticides et autres toxines (Chauveau et al. 2013), et ce, sans parler de notre sédentarité et de nos mauvaises habitudes de vie (Chauveau et al. 2013).

Notre génome n’est tout simplement pas fait pour cette alimentation glucidique et notre mode de vie peu actif. Il est fait pour vivre en nature tel un chasseur-cueilleur. C’est seulement ainsi que notre génome pourra exprimer son plein potentiel. Nous sommes programmés pour être en santé, en forme et heureux!

Ceci nous mène à nous poser les questions suivantes : comment vivait un chasseur cueilleur? Et, comment adapter ce mode de vie à la réalité d’aujourd’hui?

Ces questions seront abordées plus en profondeur dans mes prochains articles, mais voici en résumé quelques pistes à considérer.

Premièrement, réduisez fortement les glucides de votre alimentation en utilisant au besoin une table de valeurs des indices glycémiques des aliments (facile à trouver sur le web). Choisissez les aliments à faible indice glycémique (50 et moins). Ne mangez plus de produits céréaliers. Ne mangez plus de légumineuses et de pommes de terre. Augmentez les lipides (en évitant les gras trans et en choisissant les bons gras, tel l’huile d’olive, de colza, d’avocat et de noix de coco) dans votre alimentation. Mangez des légumes et des fruits (à faible indice glycémique, tels les petites baies) en abondance. Éviter tous les aliments transformés. Évitez aussi les produits laitiers et dans la mesure du possible choisissez des aliments provenant de l’agriculture biologique.

Un bon exercice pour déterminer si l’aliment est paléolithique est de s’imaginer dans la nature en train de chercher à vous alimenter. Quels seront alors les aliments à votre disposions?

En règle générale, si ça se cueille ou se chasse, c’est un aliment bon pour vous!

Oubliez les recommandations du guide alimentaire canadien ou provenant de toute autre figure d’autorité. Ne faites confiance qu’à vous-même! Expérimentez ce mode alimentaire et écoutez ce que votre corps vous dit ou parfois vous crie!

Si vous avez une bonne alimentation, 80% du travail est accompli pour obtenir une bonne santé, le 20% qui reste demeure tributaire de vos activités physiques (Mark Sisson. 2012).

Les activités paléo ne se pratiquent généralement pas dans une salle d’entraînement, mais plutôt à l’extérieur. Ce sont des exercices fonctionnels qui impliquent le travail de plusieurs muscles en simultané. Nos ancêtres marchaient entre 10 et 20 km par jour (Chauveau et al. 2013; O’Keefe et Cordain. 2004) et faisaient des exercices de faible intensité la majorité du temps (Mark Sisson. 2012). Par moments seulement, ils s’adonnaient à des activités de forte intensité, tels courir un sprint, soulever un objet lourd, sauter, grimper, etc. (Mark Sisson. 2012; O’Keefe et Cordain. 2004). Le jogging ne fait pas partie des exercices paléo car cela peut causer un épuisement chronique, engendrer un stress et mener à des blessures ou de l’inflammation (Mark Sisson. 2012). Il vaut également mieux éviter le surentraînement et l’entraînement d’un muscle spécifique (Mark Sisson. 2012).

Pour plus d’informations, je vous conseille le livre «Le Modèle Paléo» de Mark Sisson ou sa version originale (anglaise), portant le titre «The Primal Blueprint». Cet ouvrage décrit très bien ce qu’est le régime paléolithique et comment celui-ci pourrait changer votre vie.

 

Références :

Mark Sisson. 2012. Le modèle paléo. Édition Thierry Souccar. 278p.

Mark Sisson. 2010. Just How Long Did Grok Live, Really?. En ligne (consulté le 10/07/2017). http://www.marksdailyapple.com/bone-dating-life-span/#axzz2DHd5Wkzn

Riccardo Baschetti. 2004. The Ideal Diet Is the One Indicated by Evolution. Elsevier, doi:10.1016/j.amjcard.2005.01.034

Chauveau, Fouquec, Combea et Aparicioa. 2013. Evolution of the diet from the paleolithic to today: Progress or regress?. Elsevier, 9 : 4 ; 202-208.

Eaton et Eaton. 2000. Paleolithic vs modren diets-selected pathophysiological impluications. Eur J Nutr 2000;39:67–70.

Gurven et Kaplan. 2007. Longevity among hunter-gatherers: a cross-cultural examination. Population and development review 33(2) : 321–365 (june 2007)

Hublin, Ben-Ncer, Bailey, Freidline, Neubauer, Skinner, Bergmann, Le Cabec, Benazzi, Harvati et Gunz. 2017. New fossils from Jebel Irhoud, Morocco and the pan-African origin of Homo sapiens. Nature, 546 : 289–292. doi:10.1038/nature22336

Lindeberg, Cordain et Eaton. 2003. Biological and clinical potential of paleolithic diet. J Nutr Environ Med 2003;13:149–60.

O’Keefe et Cordain. 2004. Cardiovascular disease resulting from a diet and lifestyle at odds with our paleolithic genome : How to become a 21st-century hunter-gatherer. Mayo clin proc. 2004;79 :101-108

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