Actualité : Victimes, témoins : quel suivi psychologique après un attentat ?

Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, la France a connu une série de drames qui ont fortement mobilisé les services de secours et les cellules d’aide médico-psychologiques (CUMP). Au fil du temps, ils ont acquis un savoir-faire et repéré les failles du dispositif. C’est tout ce retour d’expérience que l’agence Santé publique France présentait hier, 31 mai 2017, lors de ses rencontres annuelles.

En toute logique, les victimes directes, c’est-à-dire les blessés, les personnes endeuillées et les professionnels qui interviennent sur les lieux du drame (police, pompiers, urgentistes…) sont les plus exposés aux séquelles psychologiques.

Mais les témoins du drame, les habitants des quartiers concernés et même au-delà peuvent également être impactés. Il ne faut pas les oublier car certaines personnes ont réellement besoin d’une aide psychologique.

Plusieurs mois après l’attentat contre Charlie Hebdo, 40 % des « civils » (les non-professionnels) souffraient encore d’un problème de santé mentale (dépression, anxiété, stress post-traumatique). Parmi ces personnes, un tiers étaient de simples témoins.

À Nice, l’onde de choc se propage encore. « Beaucoup de patients ne supportent plus le bleu de la mer », témoignait hier Frédéric Jover, responsable de la CUMP des Alpes-maritimes, presque qu’un an après l’attentat du 14-juillet.

Cette surveillance à moyen et long terme de toutes les personnes concernées est d’autant plus importante qu’un stress prolongé peut avoir des conséquences sur la santé physique, notamment cardiovasculaire. Chez les enfants, un stress post-traumatique non-soigné affecte le développement, c’est-à-dire les apprentissages, l’affectivité…

Or c’est là le maillon faible. Ces victimes invisibles des attentats ne demandent pas forcément de l’aide. « Certaines peuvent avoir le sentiment de ne pas être légitimes à demander des soins », observait le Dr Philippe Pirard de Santé publique France.

Toute la difficulté consiste à les repérer et à les orienter vers le bon interlocuteur. Après la tuerie de l’île d’Utoya en Norvège, le 22 juillet 2011, un dispositif a été mis en place, avec un référent unique pour chaque survivant. Mais, quinze mois après le drame, seul une victime sur six avait pris contact. Pas le bon moment ? Pas envie d’en parler ? Les raisons restent à expliquer.

En France, toute la prise en charge post-attentat est bien organisée. Les cellules d’urgences médico-psychologique font un travail remarquable. Dans les heures et les jours qui suivent « on sait faire », observe le Dr François Ducrocq, responsable de la CUMP de Lille, « mais à un moment les professionnels réintègrent leur cabinet ou leur hôpital ».  Que se passe-t-il ensuite ? Dans ce domaine, tout reste à inventer : la formation des médecins généralistes et des médecins du travail au repérage des séquelles psychologiques et somatiques, l’organisation de consultations spécialisées dans le psychotraumatisme, le remboursement systématique des séances chez un psychologue libéral…

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