Actualité : Une première consultation dédiée aux tatouages ouverte en France

Alors qu’un Français sur dix se disait tatoué en 2010, ce sont aujourd’hui 14% des personnes interrogées qui sont ou ont déjà été tatouées. Une proportion encore plus forte chez les femmes (17%) et les jeunes (27% des moins de 35 ans), selon un sondage de l’IFOP de janvier 2017.

Parmi ce chiffres figurent des personnes qui peuvent connaître des complications associées à cette pratique, car des inflammations, des infections (bactériennes, virales, mycologiques ou parasitaires), ou des réactions allergiques liées aux produits utilisés et aux conditions hygiéniques de réalisation du tatouage peuvent survenir.

En effet, comme l’indique le ministère de la Santé, chaque acte qui implique une effraction cutanée (piercing, tatouage, maquillage permanent) peut être à l’origine d’infections si la peau de la personne n’est pas désinfectée, si le matériel pénétrant la barrière cutanée n’est pas stérile ou si l’ensemble des règles d’hygiène n’est pas respecté. Selon une étude allemande menée en 2010 et ayant porté sur plus de 3400 personnes tatouées, 6% décrivent des problèmes chroniques liés aux tatouages.

Du diagnostic et de la recherche

C’est pourquoi l’hôpital Bichat-Claude-Bernard, membre de l’AP-HP, accueille la première consultation en France dédiée à la prise en charge de ce type de complications. Cette consultation ouverte une fois par mois permettra de réaliser un diagnostic et d’apporter la réponse thérapeutique la plus adaptée aux patients. Elle répond à un besoin croissant d’informations de ces derniers, mais aussi d’avis pour les médecins généralistes et les dermatologues.

« La consultation s’adresse aux personnes qui présentent par exemple une infection cutanée sur leur tatouage et dont les traitements n’ont pas été efficaces ou aux personnes qui ont fait une réaction allergique à une couleur et les médecins n’ont pas su pourquoi. Que ce soit des mois ou des années plus tard. », explique à Santé Magazine le Dr Nicolas Kluger, responsable de cette nouvelle offre de soin.

« On ne connaît pas la proportion de personnes concernées » 

Le médecin précise bien qu’il ne s’agit pas là d’une séance de « détatouage », mais bien d’un rendez-vous d’expertise « Il peut s’agir de personnes envoyées par leur médecin comme de personnes qui viennent d’eux-mêmes. », ajoutent-il. En outre, la fréquence réelle des complications cutanées étant mal appréciée, son ouverture permettra de mener des recherches sur cette problématique aujourd’hui peu explorée.

Pour le Dr Nicolas Kluger, « on a quelques chiffres à donner mais ce sont des informations obtenues par téléphones auprès de personnes tatouées. On ne connaît pas la proportion exacte de personnes concernées ni leurs complications exactes et pourquoi. » Ces travaux visent donc à trouver comment limiter voire prévenir l’apparition de ces complications. « Comme toute consultation hospitalo-universaire on collecte les données des patients pour s’en servir. On peut par exemple identifier un composant en cause en prélevant de la peau. », indique-t-il.

Le dispositif s’appuie sur le plateau technique de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard pour réaliser les examens nécessaires (biopsies par exemple). La consultation, qui n’est pour l’instant prévue qu’à cet hôpital, a également pour vocation de dispenser des conseils aux personnes souhaitant se faire tatouer. Ces dernières pourront s’informer sur les précautions à respecter ou sur les contre-indications.

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