Actualité : Un mauvais statut socio-économique fait perdre deux ans d'espérance de vie

L’inactivité physique, la pression artérielle, l’obésité ou encore une consommation élevée d’alcool constituent des facteurs de risque majeurs pour la santé bien connus. Mais il y en a pourtant un qui serait grandement négligé dans les politiques mondiales de santé, malgré son impact très important sur la réduction de l’espérance de vie : le statut socio-économique.

Ce dernier est en effet l’un des causes les plus importantes de maladie et de décès prématurés dans le monde et devrait en tant que tel être considéré comme un véritable facteur de risque, affirment des chercheurs du Lausanne University Hospital (Suisse). Leur étude parue dans The Lancet repose sur des données de 48 études comprenant en tout 1,7 million de personnes vivant au Royaume-Uni, en France, en Suisse, au Portugal, en Italie, aux États-Unis et en Australie.

« Compte tenu de l’énorme impact du statut socioéconomique sur la santé, il est vital que les gouvernements l’acceptent comme un facteur de risque majeur et cessent de l’exclure de leur politique de santé », a déclaré l’auteur principal, le Dr Silvia Stringhini. La réduction de la pauvreté, l’amélioration de l’éducation et la création d’un environnement sécuritaire pour les foyers, les écoles et les milieux de travail sont essentielles pour surmonter l’impact de la privation socio-économique. »

Un critère ignoré des politiques de santé

« L’éducation, le revenu et le travail sont connus pour affecter la santé, mais peu d’études ont examiné l’importance que ces facteurs socio-économiques ont réellement. Notre étude vise à comparer l’effet du statut socioéconomique avec les principaux facteurs de risque ciblés dans les stratégies mondiales de santé », ajoute le Pr Mika Kivimaki, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Les chercheurs ont comparé le statut socioéconomique à six des principaux facteurs de risque définis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans son « Plan d’action mondial pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles »*. Ce plan vise à réduire les maladies non transmissibles de 25% d’ici à 2025, mais n’a pas intégré le statut socio-économique comme facteur de risque de ces maladies.

Les résultats ont montré que, comparativement à leurs homologues les plus riches, les personnes ayant un statut socio-économique faible étaient près de 1,5 fois plus nombreuses (46%) à mourir avant d’avoir atteint l’âge de 85 ans. Plus précisément, parmi les personnes à faible statut socioéconomique, 55 600 d’entre elles sont décédées avant l’âge de 85 ans, par rapport à 25 452 des personnes avec un statut socio-économique élevé.

Plus de risques qu’en cas d’hypertension artérielle ou d’obésité

L’étude a également montré que les femmes et les hommes avec un faible statut socio-économique vivaient en moyenne 2,1 ans de moins que les personnes aisées. Un facteur de risque dont l’incidence est semblable à la sédentarité (2,4 ans) mais plus élevée que l’hypertension artérielle, l’obésité et la consommation élevée d’alcool dont les réductions de l’espérance de vie ont été respectivement associées à 1,6 an, 0,7 an et 0,5 an.

En revanche, le statut socio-économique se place après le tabagisme et le diabète, les deux facteurs de risque qui ont enregistré les plus fortes réductions d’espérance de vie (respectivement 4,8 ans et 3,9 ans). « Le statut socio-économique est important parce qu’il est un résumé d’une exposition, pendant toute une vie, à des conditions et des comportements dangereux qui vont au-delà des facteurs de risque des maladies non transmissibles que les politiques traitent habituellement », soulignent les auteurs.

Dans leurs conclusions, ces derniers établissent que « l’étude montre qu’il devrait être inclus comme un facteur de risque clé pour la mauvaise santé ». Outre les interventions de type aide au sevrage tabagique et conseils diététiques, qui seraient davantage destinées aux personnes aisées, ils recommandent donc que les politiques locales ou nationales s’attaquent directement aux conditions socio-économiques.

*L’inactivité physique, le tabagisme, le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité et la consommation d’alcool

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