Actualité : Transfusion sanguine : des chercheurs développent "l'ErythroMer", du sang artificiel

Les transfusions sanguines permettent de sauver des millions de vies mais comme le montrent les fréquents appels aux dons de l’Etablissement français du sang, l’approvisionnement de sang et sa disponibilité sont souvent limités.

Des chercheurs de la Washington University (Missouri) travaillent actuellement sur un sang artificiel qui pourrait probablement répondre à ces problématiques, notamment les approvisionnements d’urgence. Baptisé « ErythroMer », ce produit a été présenté à l’occasion de la réunion annuelle de l’American Society of Hematology début décembre.

« La médecine transfusionnelle est remise en cause par les limitations en ce qui concerne le stockage des globules rouges, un tissu vivant qui ne peut être conservé au frais seulement 42 jours et doit être utilisé dans les quatre heures après le retrait de la réfrigération », explique au Times le Dr Allan Doctor, qui mène les recherches.

Uniquement pour les transfusions d’urgence

Les travaux n’en sont qu’à leurs débuts mais des expériences ont déjà montré des résultats prometteurs: chez des souris transfusées avec ErythroMer, ce sang artificiel a été en mesure de fournir de l’oxygène aux tissus de la même manière que des cellules sanguines. De même, le journal rapporte que l’ErythroMer a été en mesure de ressusciter des rats en état de choc qui avaient perdu environ 40% de leur sang.

Le produit se présente sous la forme de poudre qui contient des protéines d’hémoglobine humaines purifiées, revêtues d’un polymère pour une utilisation compatible avec n’importe quel groupe sanguin, et agit en imitant la manière dont les cellules sanguines réelles distribuent l’oxygène dans le corps. Il peut être stocké puis utilisé n’importe où, par des médecins ambulanciers par exemple, à condition de la mélanger avec de l’eau stérile.

Son utilisation serait dédiée aux situations d’urgence, comme la transfusion rapide d’un patient avant son arrivée à l’hôpital. Elle ne serait que temporaire puisque l’ErythroMer ne peut pas demeurer dans le corps aussi longtemps que des globules rouges réels. Plusieurs recherches demeurent nécessaires avant de le présenter officiellement dans une revue scientifique.

« Les prochaines étapes seront de confirmer nos résultats prometteurs dans un plus grand modèle animal, de rechercher toutes les toxicités et éventuellement de procéder à des tests d’efficacité et de sécurité chez des humains », conclut Allan Doctor.

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