Actualité : Syndrome du colon irritable : une nouvelle cible pour d'éventuels traitements médicamenteux

Constipations et/ou des diarrhées, ballonnements, douleurs abdominales sont autant de symptômes constitutifs du syndrome du côlon irritable ou syndrome de l’intestin irritable (IBS). Un trouble du fonctionnement de l’intestin (du côlon ou gros intestin) très fréquent qui, bien que bénin, gâche la vie d’une part non négligeable de la population, en particulier des femmes.

Ces symptômes peuvent être déclenchés ou favorisés par plusieurs facteurs comme le stress, les changements du quotidien, une infection intestinale ou la fatigue. Plutôt que de se pencher sur les symptômes de l’IBS, des chercheurs de l’Inserm* ont recherché les mécanismes les induisant pour intervenir à ce niveau. Ces derniers se sont intéressés à des enzymes qui portent le nom de protéases et dont la fonction première est de digérer les protéines.

Une enzyme qui n’est pas à sa place

Les chercheurs savent en effet que cette enzyme montre une activité anormalement élevée au niveau du côlon de patients, alors que cette portion de l’intestin ne participe pas à la digestion qui s’achève en amont. « C’était une des premières preuves d’un réel dysfonctionnement organique, et cela a fait un certain bruit », explique Nathalie Vergnolle, l’un des auteurs de l’étude.

Ils se sont donc posés la question de l’origine de ces enzymes inattendues: il peut s’agir du reste d’une surproduction d’enzymes digestives par le pancréas ou d’une sécrétion locale par le microbiote. L’équipe scientifique a mis au point une technique de visualisation de l’activité enzymatique, la « zymographie », qui a montré que ces protéases sont en fait produites dans et par les cellules de l’épithélium, autrement dit de la muqueuse intestinale.

Un lien avec l’intestin 

La recherche sur le syndrome de l’intestin irritable pointait déjà le rôle de cet épithélium, car la muqueuse intestinale des personnes qui en souffrent présente une perméabilité anormale. Par ailleurs, il est connu que l’intestin, surnommé le deuxième cerveau, comporte de nombreux neurones qui contrôlent la fonction digestive (intrinsèques) et qui transmettent des informations au système nerveux central (extrinsèques) ou en reçoivent de sa part.

« Les deux types interviennent dans les sensations douloureuses et leurs terminaisons aboutissent précisément à l’épithélium », précisent les chercheurs. Dans des biopsies de patients, de témoins exempts d’IBS ou dans des modèles animaux, ils ont exploré toutes les protéases trouvées pour identifier celle en cause: la trypsine-3. Ils ont aussi trouvé comment agit cette enzyme, à deux niveaux.

Deux axes de recherche

Tout d’abord, elle excite les deux types de neurones, intrinsèques et extrinsèques, en se liant à un récepteur précis, le PAR-2 (protease-activated-receptor-2), rendant par exemple les animaux sains hypersensibles au ballonnement. De plus, elle augmente la perméabilité épithéliale. A partir de cette découverte, l’équipe présente aujourd’hui deux moyens d’action.

D’une part, il serait possible d’identifier avec l’aide d’un laboratoire des molécules capables d’inhiber l’action de la trypsine-3 et donc de soulager les patients. D’autre part, il est important de savoir si cette enzyme intervient dans d’autres pathologies liées à un dysfonctionnement épithélial,comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Il s’agit de la maladie de Crohn et de la recto-colite hémorragique, qui se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif et pour lesquelles il existe des traitements qui peuvent seulement réduire cette inflammation.

*Institut national de la santé et de la recherche médicale

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