Actualité : OH Ticks, un projet de recherche dédié au diagnostic des maladies à tiques

La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est transmise lors d’une piqûre de tique infectée par une bactérie de la famille des spirochètes. La maladie peut évoluer en trois phases: phase précoce localisée, phase précoce disséminée, puis en phase disséminée tardive. Ainsi, dans les 30 jours après la piqûre, elle peut apparaître d’abord sous la forme d’une plaque rouge et ronde qui s’étend en cercle (érythème migrant) à partir de la zone de piqûre.

Si la personne ne reçoit pas de traitement antibiotique, des signes neurologiques ou des atteintes des articulations ou plus rarement d’autres organes peuvent apparaître quelques semaines ou quelques mois après la piqûre. Des mois à des années après l’infection peuvent apparaître des manifestations tertiaires, de type articulaire, cutané, neurologique, musculaire, ou cardiaque.

« L’évolution est très favorable lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée précocement. En l’absence de traitement, l’évolution vers la phase secondaire n’est pas systématique, mais aggrave le pronostic. », précise le ministère de la Santé. Chaque année, on estime à 27 000 le nombre de nouveaux cas par an en France. Les personnes qui vivent avec cette maladie doivent faire avec un diagnostic difficile à établir et des tests de dépistage sanguins qui font l’objet de controverses en raison de leur manque de fiabilité.

La tique porteuse de nombreuses « mauvaises » bactéries

Son dépistage n’est pas simple car la morsure de la tique est indolore et ne s’accompagne pas toujours d’un érythème migrant. « Dans certains cas, le diagnostic de la maladie de Lyme de personnes qui se sont fait piquer est négatif même si ces personnes présentent les symptômes de la maladie de Lyme. D’autres sont séropositifs pour Lyme mais le traitement antibiotique reste inefficace. », explique Muriel Vayssier-Taussat, chef du département scientifique Santé animale de l’Inra.

L’explication serait liée à la présence d’autres microbes encore inconnus qui pourraient être transmis par les tiques et pourraient être responsables de maladies encore non diagnostiquées. L’autre hypothèse est celle d’une « co-infection » entre les bactéries responsables de la maladie de Lyme et d’autres microbes, parasites ou virus qui pourraient être résistants au traitement antibiotique prescrit.

C’est dans ce cadre qu’a été conçu le projet « OH Ticks », porté par l’Inra avec le réseau Sentinelles, des CHU et l’institut Pasteur. Son objectif est de mieux caractériser les maladies transmises par les tiques, en améliorant le diagnostic à la fois chez l’Homme mais aussi l’animal, chez qui les tiques sont le premier vecteur de maladies. Les scientifiques développent des approches basées sur des méthodes de séquençage haut débit pour identifier d’éventuels nouveaux microbes.

De nouveaux micro-organismes identifiés

Une technique qui va leur permettre de les détecter et de les identifier à partir de prélèvement de patients et d’animaux souffrant de syndromes inexpliqués après une piqûre de tique. « Elle a pour ambition également de mettre au point les techniques qui permettront de prouver le lien épidémiologique entre la morsure de tique, la présence d’un microbe et les symptômes chez l’hôte. Ces résultats seront utilisés pour développer de nouveaux tests de diagnostic adaptés. », explique l’Inra.

Ce projet de séquençage concerne notamment l’espèce de tique Ixodes ricinus, la plus répandue en Europe et vecteur potentiel de nombreux pathogènes (virus, bactéries…). Pour dresser un tableau de l’ensemble des micro-organismes présents chez ces tiques, les chercheurs ont extrait l’ensemble des ARN (acides ribo-nucléiques) de tiques Ixodes ricinus prélevées en Alsace et dans les Ardennes.

Les résultats ont montré que la moitié des tiques analysés sont porteuses d’agents pathogènes, dont 50% sont co-infectés, par au moins deux et jusqu’à cinq agents pathogènes. « Ce travail met en évidence l’importance du phénomène de co-infection, ce qui peut avoir des implications importantes pour la santé humaine en particulier sur la nécessité de développer de nouveaux tests de diagnostic mieux adaptés aux maladies transmises par les tiques. », fait savoir l’Inra.

Ces analyses ont aussi permis de mettre en évidence la présence inattendue des bactéries Borrelia miyamotoi et Neoehrlichia mikurensis, associées à des fièvres sévères. De nouvelles espèces de parasites Babesia et Theileria potentiellement associées à des maladies et un virus, le virus Eyach, suspecté d’être à l’origine de maladies chez l’Homme, ont également été détectés.

Les chercheurs travaillent aujourd’hui à identifier leur degré de dangerosité et à séquencer leur génome. « De ces recherches découlera le développement d’outils de prévention et de futurs tests de dépistage et de diagnostic », conclut l’Inra. Pour exploiter ces résultats, des partenariats avec des acteurs industriels sont déjà prévus: les scientifiques souhaitent développer des relations avec des industriels du secteur de la santé humaine et/ou animale.

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