Actualité : Maladie de Charcot : le risque des poissons contaminés au mercure

La consommation de poissons et de crustacés contaminés représente la principale source de mercure. Cet élément est considéré par l’Organisation mondiale de la santé comme l’un des dix produits chimiques ou groupes de produits chimiques extrêmement préoccupants pour la santé publique. Cette dernière précise qu’il « peut avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire, et sur les poumons, les reins, la peau et les yeux. »

Les résultats d’une étude préliminaire menée par des chercheurs du Dartmouth College montrent que le risque neurotoxique de ce métal serait même assez important pour provoquer une sclérose latérale amyotrophique (SLA) aussi connue sous le nom de maladie de Charcot. Cette pathologie, plus connue du public depuis le succès de l’Ice Bucket Challenge, est une maladie neurodégénérative grave et handicapante qui se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité (parler, manger respirer).

Selon l’Inserm, son origine est complexe à déterminer: elle serait soumise à l’influence de la génétique et de l’environnement. Dans ce domaine, aucun facteur déclenchant n’a été mis en évidence mais « le tabac, le sport de haut niveau, les pesticides, les métaux lourds sont suspectés« , souligne l’institut qui précise cependant qu’à ce jour, les données disponibles ne permettent pas de les impliquer formellement.

Attention à la fréquence et au type de poissons consommés

Certaines études antérieures ont d’ailleurs suggéré que le mercure constitue un facteur de risque de la maladie, qui ne bénéficie pas d’un traitement curatif. « Pour la plupart des gens, manger du poisson fait partie d’un régime alimentaire sain », a déclaré le principal auteur de l’étude Elijah Stommel. Mais des questions demeurent sur l’impact possible du mercure dans les poissons. »

Pour l’étude, les chercheurs ont interrogé 518 personnes dont 294 qui étaient de la maladie de Charcot sur la quantité de poissons et de fruits de mer qu’ils mangeaient. Les participants ont indiqué quels types de poissons ils consommaient et leur lieu d’approvisionnement (magasins ou pêche). Ils ont estimé l’exposition annuelle au mercure en fonction de leurs recherches sur les niveaux moyens de ce métal dans les types de poissons consommés et la fréquence de consommation des participants.

L’espadon et le requin sont par exemple des poissons considérés comme riches en mercure, tandis que le saumon et la sardine ont généralement des niveaux inférieurs. Ils ont également mesuré les niveaux de mercure trouvés dans des échantillons d’ongles des participants malades pour les comparer à ceux des participants en bonne santé. Les résultats montrent que 25% des participants ont ingéré une trop grande quantité de mercure au cours de l’année via cette source d’alimentation.

Un risque doublé

Ces personnes étaient deux fois plus à risque de souffrir de SLA par rapport aux personnes qui ont présenté des niveaux de mercure inférieurs. Par ailleurs, un total de 61% des personnes malades faisaient partie de ce groupe des 25% comparativement à 44% des personnes qui n’avaient pas de SLA. Le même constat a été établi à partir des taux de mercure mesurés dans les coupures d’ongles.

Les travaux précisent que d’autres études doivent être menées avant que des lignes directrices concernant la consommation de poissons et le risque d’exposition au mercure ne soient établies. Ils soulignent par ailleurs que cette étude ne nie pas le fait que le poisson fournit de nombreux avantages pour la santé. Cependant, elle suggère que les consommateurs feraient mieux de choisir des espèces connues pour avoir une plus faible teneur en mercure et éviter de consommer du poisson capturé dans des eaux où le risque de contamination est bien reconnu.

En France, le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande d’en consommer deux fois par semaine, notamment les poissons « gras » (saumon, maquereau, sardine, hareng…) qui apportent des Oméga 3 dont le rôle protecteur sur le système cardiovasculaire est reconnu. Une portion de poisson équivaut à 100 g, soit par exemple un petit pavé de saumon. Depuis 2002, l’Anses a rendu quant à elle trois avis pour évaluer ce risque sanitaire.

Des précautions à prendre dans certains cas

Au fil de ses avis, l’Agence estime que la consommation de poissons « ne présente pas de risque pour la santé au regard du risque lié au méthylmercure« . Elle recommande néanmoins que les femmes enceintes et allaitantes et les enfants en bas âge (moins de 30 mois), évitent à titre de précaution de consommer les poissons les plus contaminés: requins, lamproies, espadons, marlins (proche de l’espadon) et sikis (variété de requin).

Ces deux types de population devraient aussi éviter la consommation de poissons susceptibles d’être fortement contaminés à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois. A noter que si les « normes sanitaires sont globalement respectées », selon l’association 60 millions de consommateurs, celle-ci met en garde fin 2016 contre les saumons « bio » qui sont également concernés par le risque de contamination.

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