Actualité : L'usage des sextoys est de plus en plus répandu dans la population française

Ce fut pendant longtemps un phénomène tabou, mais qui a depuis bien évolué. L’usage des sextoys dans la population française a connu un véritable boom ces dernières années, comme le montre un sondage Ifop pour Dorcelstore.com.

Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 2 000 Français (soit deux fois plus que pour une étude habituelle), cette enquête confirme l’explosion des ventes de sextoys observées depuis une demi-douzaine d’années tout en brisant certaines idées reçues sur le sujet: le recours à ces jouets érotiques se faisant par exemple moins en solo qu’en duo.

Ainsi, l’usage des sextoys a fait l’objet d’une diffusion spectaculaire en l’espace de dix ans. Près d’une Française sur deux admet en avoir déjà utilisé au moins une fois au cours de sa vie, contre un peu plus d’une sur trois il y a cinq ans, 14% en 2009 et à peine 9% il y a dix ans.

En ce qui concerne leur utilisation actuelle, un Français sur quatre en a utilisé au moins une fois au cours de l’année 2016. Au quotidien, leur usage reste toutefois occasionnel: à peine 13% des femmes et 11% des hommes en ont utilisé au cours du mois précédent (dont 4% des femmes et 5% des hommes à un rythme hebdomadaire).

Internet participe à leur banalisation

« Cette évolution spectaculaire de l’usage des sextoys découle d’un profond renouvellement de l’offre en termes de produits et de circuits de distribution mais aussi d’un changement radical des représentations associées à ce type d’objet, affirme François Kraus directeur du pôle Politique/Actualité à l’Ifop. Pour comprendre leur banalisation, il est important de rappeler que leur commercialisation a radicalement changé à partir du milieu des années 2000 à la fois avec l’essor de sites de vente en ligne. »

Celui-ci ajoute: « ils sont nettement plus engageants pour les femmes que les sex-shops des quartiers chauds ». L’enquête confirme en effet que l’accès aux sextoys semble facilité par la dématérialisation des achats: près des deux tiers des Français (61%) les achetant sur le web, et, pour l’essentiel (48%), sur les sites de vente en ligne spécialisés.

Les magasins spécialistes de type « sex-shops » ou « loveshops » constituent l’autre principal circuit de distribution (27%). Enfin, les ventes à domicile s’avèrent être un mode de distribution non négligeable, 14% des sondées ayant acheté leur sextoy de la sorte.

Un accessoire pour pimenter les ébats

Contrairement à certaines idées reçues, le recours aux sextoys se fait moins en solo qu’en duo. En effet, l’étude révèle que la part de la population en ayant déjà utilisé à deux (45%) est plus élevée que celle en ayant utilisé seule (29%). Et si chez les femmes, l’expérience en solitaire (40%) est presque aussi fréquente que l’expérience en couple (45%), rares sont les Françaises à n’en avoir utilisé qu’en solo: 6% seulement.

Les sextoys sont d’ailleurs considérés comme des accessoires susceptibles de mettre un peu de piment dans leur vie conjugale puisque les trois quarts des Françaises en couple se disent prêtes à en utiliser à cet effet. Parmi l’offre possible, les Françaises semblent avoir un net penchant pour les vibromasseurs, les stimulateurs ou les canards vibrants (41% en ont déjà utilisé).

Une utilisation ludique plus qu’autre chose

Selon François Kraus, « une nouvelle génération de sextoys s’est imposée dans un registre ludique plus à même de répondre aux attentes de certains publics comme les jeunes ou les femmes. Ce renouvellement de l’offre est allé de pair avec un changement profond des représentations associées aux vibromasseurs, amorcé par la presse féminine, les blogs ou des séries comme ‘Sex and the City’ dont un épisode contribua notamment à populariser leur usage ».

Qu’ils soient utilisés en solo ou en couple, les sextoys contribuent au bien-être sexuel des deux tiers des utilisatrices (65%). Mais leur recours sert plutôt à renforcer le côté ludique et érotique des rapports sexuels, qu’à la production d’orgasme: la moitié des femmes en ayant utilisé avec un partenaire n’en ont pas eu plus facilement avec ce genre de jouets que lorsqu’elles n’en utilisent pas.

« La massification de l’usage des sextoys semble reposer sur une dynamique plus large consistant à la fois à valoriser les pratiques sexuelles récréatives et à légitimer la recherche de l’orgasme féminin. », estime François Kraus.

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