L'horloge biologique des tumeurs cancéreuses, un atout pour en venir à bout ?

L’organisme est soumis à un rythme biologique, une horloge interne qui fonctionne sur 24 heures. Ce rythme circadien régulé par le cerveau, et plus précisément l’hypothalamus, contrôle la plupart de nos fonctions biologiques et comportementales.

« Des fonctions de l’organisme aussi diverses que le système veille/sommeil, la température corporelle, la pression artérielle, la production d’hormones, la fréquence cardiaque, mais aussi les capacités cognitives, l’humeur ou encore la mémoire sont régulées par le rythme circadien« , précise l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à ce sujet.

A l’inverse, sa dérégulation entraîne des troubles du sommeil et d’importantes perturbations physiologiques. De même, si la plupart des cellules ont une horloge interne qui rythme les activités des organes selon l’heure du jour, les cellules tumorales ont souvent une horloge qui est déréglée ou non fonctionnelle.

Des chercheurs de l’université McGill ont voulu savoir si l’horloge biologique d’une cellule cancéreuse a un effet sur la croissance de la tumeur. Et leur étude publiée dans la revue BMC Biology montre pour la première fois qu’agir directement sur l’horloge biologique d’une tumeur cancéreuse peut avoir un effet sur son développement.

« Réparer » l’horloge des cellules cancéreuses

« Des indices laissaient penser que cela contribuait à une croissance rapide des tumeurs, mais cela n’avait jamais été prouvé », explique Nicolas Cermakian, l’un des auteurs de ces travaux. Grâce à un traitement chimique ou thermique, ils ont réussi à “réparer” l’horloge de ces cellules et à lui faire retrouver un fonctionnement normal. « Dans ces conditions, la croissance de la tumeur chute presque de moitié », ajoute le chercheur.

Plus précisément, les scientifiques ont réussi à intervenir sur les engrenages des horloges biologiques de deux types de cellules cancéreuses, de peau et de côlon, et à les faire fonctionner correctement. Testée sur des souris ou en culture cellulaire, cette réparation a ainsi permis de ralentir la croissance de la tumeur cancéreuse: après une semaine environ, la taille de la tumeur ainsi traitée était de 2/3 inférieure à celle de la tumeur témoin.

Si l’expérience a été menée sur des souris, il n’en reste pas moins que ce nouveau concept permettrait d’envisager à long terme une amélioration du traitement du cancer chez les humains. « Activer l’horloge biologique des tumeurs pourrait devenir une approche novatrice pour ralentir la croissance d’un cancer ou de métastases », souligne Nicolas Cermakian.

Le chercheur conclut: « Cela permettrait de donner plus de temps aux gens de recourir à des interventions plus traditionnelles comme la chirurgie ou la chimiothérapie. Il reste maintenant à montrer que nous pouvons agir de la même façon sur les horloges de tumeurs humaines. » Des recherches supplémentaires doivent donc être menées, d’autant que les chercheurs précisent qu’il est difficile de dire d’ores et déjà quels types de cancer pourraient être ciblés par une telle approche.

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