Actualité : Le vaccin contre le papillomavirus est étendu à certains hommes

En France, le calendrier vaccinal fixe les vaccinations applicables à la population en fonction de l’âge et émet les recommandations vaccinales générales et particulières propres à des conditions spéciales (risques accrus de complications, d’exposition ou de transmission) ou à des expositions professionnelles. Celui de l’édition 2017 a été publié par le ministère de la Santé le 25 avril et plusieurs nouvelles recommandations ont été ajoutées.

L’une d’elles concerne la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), des virus qui peuvent infecter la peau et les muqueuses. Il en existe plus de 150 types, dont environ 40 peuvent infecter les organes génitaux des hommes et des femmes. Le ministère de la Santé précise ainsi que les « HPV de type 16 et 18 sont responsables de 70% des cancers du col de l’utérus. La contamination se fait le plus souvent dans les premières années de la vie sexuelle et environ 80% des femmes sont exposées à ces virus au cours de leur vie. »

C’est pour cette raison que la vaccination est recommandée chez les jeunes filles âgées de 11 à 13/ 14 ans et en rattrapage chez les jeunes filles de 15 à 19 ans. Le but: prévenir l’apparition de lésions précancéreuses du col de l’utérus. « Les données montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 14 ans plutôt qu’après », précise le ministère de la Santé.

Un risque d’infection plus grand

Mais le Haut conseil de la santé publique (HCSP), chargé de mettre à jour ce calendrier vaccinal, a décidé d’étendre cette vaccination à un autre type de population, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), jusqu’à l’âge de 26 ans. Dans un rapport publié en 2016, il avait en effet établi que, si la vaccination universelle des garçons n’apparaît pas pertinente d’un point de vue de santé publique, ce n’est pas le cas pour les HSH.

Ces derniers présentent en effet une incidence plus élevée de lésions précancéreuses et cancéreuses de l’anus et de lésions bénignes dites « condylomes » (ou verrues génitales) et qu’à ce titre, le vaccin Gardasil doit leur être autorisé. Ce vaccin mis sur le marché en 2006 protège contre les HPV de génotypes 16 et 18 et contre les HPV de type 6 et 11, non cancérigènes mais à l’origine du développement de condylomes.

Comme le précise la Société Française de Dermatologie en 2016, la vaccination pour tous les garçons est pratiquée dans certains pays (USA, Canada, Autriche) et son intérêt est multiple. Ce geste permet d’améliorer la couverture vaccinale, contribue à une diminution de la circulation du virus car les hommes en sont porteurs et peuvent le transmettre, et apporte une « protection potentielle contre certains cancers des voies aérodigestives supérieures et des cancers de l’anus pour lesquels il n’y a aucun dépistage ».

Le Gardasil 9 à privilégier

Dans ses conclusions, le HCSP recommande ainsi qu’un « accès au vaccin HPV soit proposé dans les CeGIDD* et dans les centres de vaccination aux hommes jusqu’à l’âge de 26 ans qui ont eu des relations sexuelles avec un homme. Le bénéfice de cette vaccination sera d’autant plus important que le début de l’activité sexuelle sera récent et que le nombre de partenaires passés sera faible ». Et souhaite également que « cette possibilité d’accès soit relayée par des campagnes d’information adaptées. »

Pour cette nouvelle recommandation vaccinale, le ministère de la Santé indique par ailleurs que les jeunes filles non vaccinées peuvent l’être avec le vaccin « nonavalent » qui protège contre 9 souches de papillomavirus. Le vaccin Gardasil 9 a obtenu le 10 juin 2015 l’autorisation européenne de mise sur le marché et contient cinq génotypes d’HPV à haut risque additionnels par rapport au vaccin Gardasil.

Il est ainsi indiqué pour l’immunisation active contre plusieurs maladies liées aux papillomavirus humains: lésions précancéreuses et cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus et verrues génitales. Mais pour une prévention optimale contre le cancer du col de l’utérus, l’institut national du cancer (Inca) rappelle que la vaccination doit impérativement s’accompagner d’un frottis de dépistage appelé frottis cervico-utérin, à réaliser tous les trois ans pour les femmes de 25 à 65 ans.

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