Actualité : Contraception définitive : Essure joue son avenir devant des experts

Faut-il restreindre l’accès aux implants Essure, les interdire ou maintenir la situation en l’état ? L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé  (ANSM) répondra à cette question dans quelques semaines. Pour s’aider dans sa réflexion, elle a réunit ce matin, 19 avril 2017, un Comité scientifique spécialisé temporaire. Toute la matinée, ces experts ont auditionné deux représentantes de l’association Resist qui rassemble 1200 patientes insatisfaites de l’implant, un membre du Collège national des gynécologues-obstétriciens de France et deux représentantes du Planning familial et de l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception. Pour sa part, l’Ansm a présenté les résultats de la pharmacovigilance et de la première étude permettant de comparer Essure à la ligature des trompes.

40 % des ventes mondiales en France

Au terme de ces auditions, le profil d’Essure commence à se dessiner. Ce dispositif, qui consiste à boucher les trompes de Fallope en y introduisant un petit ressort de 4 cm de long, a connu un franc succès dans l’Hexagone. Un peu plus de 140 000 dispositifs ont été vendus en France depuis 2011. Les ventes qui ont dépassé les 28 000 en 2013, sont redescendues à 22 243 en 2016. À elle seule, la France a représenté 40 % des ventes mondiales l’an dernier.

Selon le laboratoire Bayer qui le commercialise, 94 % des femmes sont satisfaites cinq ans après la pose d’Essure. Mais ces dernières années, des patientes se sont plaintes d’effets secondaires importantes. L’association Resist rapporte majoritairement des cas de fatigue intense, des douleurs, un gonflement du ventre, des règles très abondantes. Des réactions allergiques ont également été signalées. Les métaux (nickel, titane, chrome…) qui entrent dans la composition de l’implant pourraient en être responsables. Ce qui reste à confirmer.

De son côté, l’ANSM indique avoir reçu 1177 signalements d’effets indésirables entre 2003 et 2017. En post-opératoire, 12 % des incidents étaient dus à la migration du dispositif ou à la perforation d’un organe. Sur le total, 339 femmes ont signalé des problèmes gynécologiques (douleurs, saignements…) ou d’autres symptômes comme la fatigue, les troubles digestifs… Dans 17 % des cas, il a fallu retirer l’implant.

À ce propos, l’association Resist insiste sur la mise en place « urgente » d’un protocole chirurgical pour le retrait d’Essure. Elle attire l’attention sur des pratiques pour le moins aléatoires. Certaines femmes se sont vues retirer leur utérus, d’autres ont développé des infections.

Des contrôles insuffisants

La question du suivi post-opératoire se pose également. L’étude de l’ANSM montre que seuls 80 % des femmes ont bénéficié du contrôle obligatoire trois mois après la pose de l’implant. Cette radiographie, parfois accompagnée d’examens complémentaires, permet de vérifier son bon positionnement. Or si l’implant bouge, il risque de perforer les trompes ou l’utérus, ce qui pourrait expliquer dans certains cas les douleurs ressenties.

Si l’on compare Essure à la ligature des trompes (autre méthode de contraception définitive utilisée en France), on se rend compte qu’avec l’implant, il y a moins de complications chirurgicales et médicales. En revanche, le taux d’échec est plus important : trois fois plus d’infections des trompes (salpingites), 25 fois plus de nouvelle stérilisation (ré-intervention) et 30 % de grossesses en plus qu’avec la ligature. Il y a également un taux d’allergie supérieur de 10 % chez les femmes Essure, mais uniquement chez celles qui avaient déjà un terrain allergique avant la pose du dispositif.

 

 

 

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