Actualité : Chromosomes : la taille des télomères serait associé à différents risques de cancer

Les télomères, baptisés du grec telos (fin) et meros (partie), sont des structures qui protègent l’extrémité des chromosomes contre la dégradation. Ces derniers raccourcissent au fil des années: plus l’âge biologique est avancé, plus ils sont courts. L’inserm précise que dès les années 1930, « les chercheurs ont suspecté que les télomères jouent un rôle de protection des chromosomes, contribuant ainsi au maintien de l’intégrité du matériel génétique. »

Depuis, de très nombreuses équipes travaillent sur la question. Des chercheurs de l’University of Pittsburgh Cancer Institute (UPCI) se sont ainsi intéressés à la relation entre la longueur des télomères et le risque de cancer. Leur étude, présentée à l’occasion de la réunion annuelle de l’Association américaine pour la recherche sur le cancer (AACR), affirme que les télomères les plus longs seraient associés à un risque accru de cancer.

« Les télomères et le cancer ont clairement une relation complexe, a déclaré le Pr Jian-Min Yuan, auteur principal de l’étude. Notre espoir est que, en comprenant cette relation, nous pourrions peut-être prédire quelles personnes sont susceptibles de développer certains cancers afin qu’elles puissent prendre des mesures préventives et être examinés plus souvent, ainsi que développer des thérapies pour aider notre ADN à garder ses télomères à une longueur saine. »

Des risques différents selon la longueur

Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang et les données de santé de plus de 28 000 Chinois inscrits dans une grande étude de santé menée depuis 1993. A la fin de l’étude en 2015, les 4060 participants qui ont développé un cancer ont été divisés en cinq groupes selon la longueur de leurs télomères. Les scientifiques ont constaté que ceux qui possédaient les télomères les plus longs avaient une probabilité de 33% de développer un cancer, par rapport au groupe possédant les télomères les plus courts.

Dans le détail, ils avaient une probabilité 66% plus élevée de développer un cancer du poumon, de 39% pour le cancer du sein et de 37% pour un cancer colorectal. Mais de tous les types de cancer, le risque le plus important concerne le cancer du pancréas car les participants avec les longueurs de télomères les plus élevées étaient 2,6 fois plus susceptibles d’en développer un.

Les chercheurs ont également constaté que trois types de cancer étaient corrélés aussi bien à des télomères d’une longueur extrêmes qu’à des télomères très courts, une courbe de risque en « U » : le cancer de l’estomac, de la vessie et une leucémie. Ainsi, les participants aux télomères les plus courts ont une probabilité de cancer de l’estomac 63% plus élevée, 72% plus élevée pour le cancer de la vessie et 115% plus élevée pour la leucémie par rapport au groupe qui se situe au milieu de la courbe.

De leur côté, les personnes dont les chromosomes se terminent par des télomères les plus longs avaient une probabilité plus élevée de 55% de cancer de l’estomac, 117% plus élevée de cancer de la vessie et 68% plus élevée de leucémie. Les chercheurs précisent néanmoins qu’il faudra plusieurs années pour tirer des conclusions définitives, en raison du nombre considérable d’échantillons à analyser.

Jusqu’ici, les études sur le sujet avaient plutôt permis de montrer que certains facteurs de style de vie associés à un risque accru de développer un cancer sont également associés à des télomères qui se raccourcissent plus vite: le stress, le tabagisme, l’inactivité physique et un régime alimentaire riche en sucres.

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