Actualité : Automédication : un marché dynamique en France mais moins développé que pour d'autres pays

Quelle place les Français accordent-ils à l’automédication dans leur parcours de soin ? L’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) répond à ces questions dans son 15e baromètre des produits du selfcare (médicaments d’automédication, dispositifs médicaux et compléments alimentaires) réalisé avec OpenHealth Company.

L’étude montre que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pays est à la traîne par rapport à ces voisins européens. Non seulement au niveau du taux de recours à l’automédication, mais aussi du prix et des molécules utilisées. Sur la part du marché de l’automédication relevée en 2014, la France est en effet bien en dessous de la moyenne européenne avec une part de 15,4% contre 32,3%.

Dans ce domaine, elle se situe même loin derrière le Royaume-Uni (57,8%), l’Allemagne (44,8%), la Suède (41,2%) la Belgique (38%) et les Pays Bas (37,5%). Seuls deux pays, l’Italie et l’Espagne, affichent une moyenne moins élevée que la France (respectivement 12,3% et 11,7%). Les prix de vente relevés en 2016 dans le milieu de l’automédication est lui aussi moins élevé que la moyenne européenne: 4,74€ contre 6,2€.

Une pratique pourtant plébiscitée par les sondés

« Bien que dynamique, le selfcare reste largement sous-développé par rapport à nos voisins. Il existe encore trop de traitements (molécules) disponibles en Europe dont les Français sont privés en automédication. Exemples: la rhinite allergique, l’asthme, le traitement des nausées et vomissements, l’acné mixte ou encore la rhinopharyngite. », explique l’Afipa.

De même, l’automédication, qui connaît une évolution moyenne de +1,3% par an depuis 2012, n’a pas connu de croissance fulgurante en 2016: +3,3%, soit 2 331 M€ par rapport à l’année 2015. Paradoxalement, le « selfcare » reste un pilier de la croissance de l’officine, il représente 10,7% de leur chiffre d’affaires et contribue à 25% de leur croissance. 

« L’épidémie de gastro-entérite a illustré le réflexe automédication des patients pour soigner leurs maux bénins: +21% de fréquentation dans les officines pour le mois de décembre par rapport à la moyenne de l’année », ajoute l’Afipa. Quand on les interroge sur le sujet, une grande majorité des sondés (80%) disent pratiquer l’automédication, 92% jugent ces médicaments efficaces et 91% se sentent capables de gérer leurs problèmes de santé bénins.

Les Français restent fidèles à leurs marques

Les principales raisons étant que les Français connaissent le traitement approprié pour leurs symptômes (72%), veulent se soigner vite (66%) et souhaitent éviter des dépenses inutiles à l’Assurance maladie (30%). Les médicaments les plus demandés sont ceux destinés aux voies respiratoires, aux traitements des douleurs (antalgiques) et aux voies digestives, et les marques les plus vendues demeurent les mêmes qu’en 2015: Oscillococcinum, Humex et Strepsils.

Côté compléments alimentaires, ce sont les produits pour la vitalité, le confort digestif et le sommeil qui rencontrent le plus de succès Alors que le système de santé est aujourd’hui confronté à de nombreux défis (déficit de l’Assurance maladie, saturation des cabinets médicaux et des services d’urgence, vieillissement de la population), les professionnels de santé (pharmaciens et médecins) considèrent que l’automédication est un levier crédible pour désengorger les cabinets médicaux et réduire les dépenses de santé.

Selon l’Afipa, « le défi de l’industrie pharmaceutique aujourd’hui est de démontrer que le selfcare constitue une réponse adaptée aux nouvelles aspirations des Français et une solution durable pour maintenir le financement solidaire des affections lourdes et/ou de longue durée ». « Compte tenu du contexte de santé actuel, les élections de 2017 représentent une opportunité majeure pour valoriser le selfcare comme un atout de santé publique », explique son président, Dominique Giulini.

En 2016, cette dernière avait émis plusieurs propositions, qui s’articulaient autour de trois piliers: développer l’offre en automédication en définissant une liste de pathologies bénignes et en délistant davantage de molécules, informer les patients via des campagnes d’information et associer les professionnels de santé à cette réforme, et assurer à tous l’accessibilité financière en intégrant les dépenses d’automédication à la CMU complémentaire et en appliquant un taux de TVA adapté à 2,1%.

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