Actualité : Après un cancer du sein, la grossesse ne serait pas risquée

Chez les femmes diagnostiquées avec un cancer, il peut arriver que la maladie soit dépistée chez une patiente enceinte ou que la patiente découvre sa grossesse alors qu’elle va être traitée pour un cancer. Deux situations qui amènent beaucoup de questions: la poursuite de la grossesse est-elle compatible avec le traitement du cancer ? Ce dernier fait-il courir des risques à la mère et au fœtus ?

Les femmes qui ont été traitées contre cette maladie peuvent aussi se demander si cette période riche en changements hormonaux peut accroître le risque de rechute. Des chercheurs de l’Institut Jules Bordet à Bruxelle se sont intéressés à cette question et ont présenté leur étude à l’occasion de l’American Society of Clinical Oncology de 2017. Leurs résultats affirment que les femmes enceintes qui ont reçu un diagnostic précoce du cancer du sein n’ont pas plus de risque de récidive et de décès par cancer par rapport à celles qui ne sont pas tombées enceintes.

Les scientifiques se sont intéressés au cancer du sein car il s’agit du cancer le plus courant chez les femmes en âge de procréer. Leurs travaux concernent plus particulièrement l’association entre la grossesse et un cancer du sein bien particulier, le cancer du sein hormono-dépendant. Dans ce cas précis, les hormones féminines (œstrogènes, progestérone), naturellement produites par l’organisme, stimulent la croissance des cellules cancéreuses dans l’organisme.

« La grossesse ne devrait pas être découragée »

Le risque serait alors que ces niveaux plus élevés d’hormones pendant la grossesse favorisent le développement de cellules cancéreuses qui demeurent dans le corps après un traitement. Une autre préoccupation concernant la grossesse chez les femmes atteintes par ce type de cancer du sein est la nécessité d’interrompre la thérapie hormonale adjuvante, suivie après une chirurgie. Un traitement qui consiste à empêcher l’action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses pour prévenir la récidive du cancer.

Or, il est recommandé que les femmes reçoivent cette thérapie pendant au moins cinq ans et, dans certains cas, jusqu’à dix ans après la rémission de leur cancer. « Nos résultats confirment que la grossesse après le cancer du sein ne devrait pas être découragée, même pour les femmes atteintes d’un cancer hormono-dépendant, explique Matteo Lambertini, oncologue à l’Institut Jules Bordet. Cependant, les patients et les médecins devraient considérer le risque de récidive personnel de chaque femme, en particulier pour les femmes qui ont besoin d’une thérapie hormonale adjuvante. »

L’étude a suivi 1207 patientes, ce qui en fait la plus grande étude portant sur la sécurité de la grossesse après un cancer du sein, et la seule à aborder la question spécifique des femmes atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant, le plus fréquent des cancers du sein. La majorité des participantes à cette étude (57%) présentait ce type de cancer du sein, dont 40% avec des facteurs de pronostic négatifs comme une grande taille de la tumeur.

Aucune différence dans le taux de survie

Parmi ces 1 207 femmes, 333 sont tombées enceintes, en moyenne 2,4 ans après le diagnostic. Après un suivi de 10 ans, les résultats n’ont montré aucune différence dans le taux de survie sans maladie entre les femmes qui sont tombées enceintes et celles qui ne l’étaient pas. Ils ont également permis de conclure qu’il n’y avait pas non plus de différences entre les femmes qui ont mené leur grossesse à terme, pratiqué un avortement, ou qui sont tombées enceintes moins de deux ans ou plus de deux après leur diagnostic.

En ce qui concerne les survivantes d’un cancer du sein hormono-dépendant, il n’y avait pas non plus de différence entre la survie globale chez les femmes enceintes et celles qui ne l’étaient pas. Enfin, les conclusions ont permis d’établir que chez les femmes dont la tumeur du sein n’était pas hormono-dépendante, celles qui ont eu une grossesse avaient 42% moins de risque de décéder d’une rechute que les autres.

« Il est possible que la grossesse soit un facteur de protection pour les patientes atteints d’un cancer du sein non-hormono-dépendant, soit par des mécanismes du système immunitaire, soit par des mécanismes hormonaux, mais nous avons besoin de plus de recherches », a fait savoir le Dr Lambertini. Les chercheurs souhaitent désormais mener d’autres travaux, en s’intéressant cette fois aux effets de la grossesse sur les femmes qui présentent des mutations des gènes BRCA (BRCA1 et BRCA2).

Des mutations génétiques qui favorisent une prédisposition à un cancer du sein à un âge jeune, un cancer dans les deux seins ou un cancer de l’ovaire. Quel que soit le type de cancer qu’une femme est parvenue à vaincre, la Ligue contre le Cancer rappelle qu’il est recommandé d’attendre au moins six mois après la fin des traitements avant de mettre une grossesse en route. Enfin, s’il est possible, l’allaitement est sans danger, tant pour l’enfant que pour la mère.

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